Pata ?

« Pata ? « , c’est l’expression de Lynne pour demander  » comment ça s’appelle, ça ? ». En ce moment, elle est dans une phase sensible de langage et demande cent fois par jour « pata ? ». Elle enregistre.

Son vocabulaire parlé compréhensible reste encore très limité (par contre elle fait de longs discours et des blagues auxquelles elle est la seule à rire, malheureusement). Les mots sont principalement français et commençant par « p » : papa, pandas, pingouin, poisson, … mais aussi « ba » (= balançoire), « coco » (=crocodile ou coquelicot, c’est selon)

Elle comprend parfaitement français, anglais et un peu de chinois. Elle fait des rapprochements entre images/ mots, images/images et images/objets. Elle commence à pousser de petits cris pour imiter les bruits d’animaux, excepté le rugissement du lion qu’elle maitrise depuis longtemps, maintenant.

Elle signe quelques mots « encore », gâteau », « chaud », « caca/pipi ». Mais il faut vraiment que je fasse plus d’effort de ce côté là, car je me rend compte combien le langage des signes est un relais important pour notre communication et éviter la frustration de l’incompréhension.

Elle fait des blagues. Je n’aurais pas cru que les enfants commençaient aussi jeune. Ses préférées : je fais semblant de venir vers toi et je repars en courant en sens inverse ou je te tends quelque chose en faisant mine de te le donner et je le reprends aussitôt. C’est très drôle !

blague

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Bi, tri, multi… plurilinguisme

langueA la maison, on peut entendre du français, entre Lynne et moi, du chinois, entre Lynne et son papa et de l’anglais, entre son papa et moi… On chante dans les trois langues. On lit dans les trois langues.

Quand Lynne était plus petite, je signais des mots de son quotidien. Mais j’avoue que depuis cet été j’ai arrêté. Pourtant, le langage des signes nous aurait permis de faire le lien entre les 3 langues pendant toute cette phase où les enfants comprennent parfaitement mais ne parlent pas encore. Pas bien !

Depuis un bon moment déjà, Lynne (14 mois) fait de longs discours, à grand renfort de gestes et de mimiques. Elle chante aussi. Maintenant, elle commence à répéter des mots quand on lui parle. Indifféremment dans les trois langues : bottle, banane, niao niao, poisson…

Je ne préoccupe pas du tout de l’anglais. On vit aux USA, elle intègrera donc l’anglais de fait. Je me concentre plus sur le français et le chinois. Nos familles respectives étant en France et en Chine, il est essentiel pour moi que Lynne puisse comprendre et s’exprimer dans ces deux langues.  Lynne comprend parfaitement le français et l’anglais. Pour ce qui est du chinois, son papa ne l’utilise pas suffisamment à mon goût. Je sais qu’elle comprend des mots, mais pour l’instant, elle n’est pas suffisamment exposée au système entier et complexe de cette langue et j’ai bien peur qu’elle ne puisse l’intégrer…

Les enfants ont un esprit absorbant (on en revient encore à Maria Montessori !). Vous ne vous rappelez pas avoir appris votre langue maternelle, et pourtant, vous l’avez intégré. Naturellement. Si vous étiez nés au Brésil, vous parleriez portugais et ça vous serait tout aussi naturel. Malgré tout, le plurilinguisme semble rester un défi. Ce n’est pas tout d’intégrer une langue, encore faut-il s’en servir et ne pas l’oublier. Je ne pensais pas trop avoir à réfléchir sur le sujet. Je pensais que Lynne intègrerait de façon naturelle, français, chinois et anglais, parce que je suis française et que son papa est chinois. Mais le post de Deb de Sixtine et Victoire m’a fait réfléchir… L’acquisition et la conservation de langues multiples chez l’enfant nécessitent pour les parents un peu plus de travail et d’investissement que ce que l’on pourrait croire.

En attendant de lire du plus consistant sur le sujet, voilà une petite synthèse de ce que j’ai pu glaner sur le net :

1 / Les bénéfices du plurilinguisme :

– le bilinguisme, acquis très jeune, permettrait au cerveau de créer de nouvelles connexions plus rapidement. Grâce à une capacité de développement plus avancée, les enfants passeraient plus facilement d’un sujet à l’autre.

– En retardant les dégénérescences neurologiques, le bilinguisme retarderait  de 4 à 5 ans en moyenne l’apparition de maladies telles que Parkinson ou Alzeihmer (lire ici)

– le multilinguisme est un sérieux atout pour la vie active (aspect non négligeable aujourd’hui)

– Le bilinguisme permet l’ouverture à une autre culture, et un autre système de pensée. « Le multilinguisme est non seulement la maîtrise d’une langue étrangère mais aussi l’accès à une nouvelle culture. En effet, l’enfant en parlant plusieurs langues, réalise que chaque objet comporte différentes dénominations, selon la personne ou la situation en présence. « Sur le plan cognitif, l’enfant développe ainsi la flexibilité lui permettant de passer d’un système à l’autre. Or cette « compétence métalinguistique » constitue un atout en or pour l’apprentissage de la lecture ou de l’abstraction en mathématiques. (…) Il sait choisir les mots, les gestes, la façon de dire qui conviennent à l’autre, et montre de ce fait une plus grande tolérance à l’égard des différences. » précise Barbara Abdelilah-Bauer. L’enfant comprend ainsi la différence dès son plus jeune âge.»  (lire ici)

2 / Des trucs pour favoriser le multilinguisme (d’après cet article )

« Un enfant acquiert toute langue qui lui est utile pour la communication avec son environnement immédiat ». Ca fait rêver….  Mais « Une langue rapidement acquise durant les premières années sera oubliée tout aussi vite si la nécessité de la parler ne sera plus donnée » (Le défi des enfants bilingues : grandir et vivre en parlant plusieurs langues, Barbara Abdelilah-Bauer), d’où l’importance d’établir des stratégies.

s’adresser à l’enfant dans notre langue maternelle. Pas de problème pour moi. On est resté toutes les deux en France pendant suffisamment longtemps pour que lui parler français soit complètement naturel. En plus, je préfère qu’elle intègre un bon français, qu’un anglais avec des fautes.

– Développer un réseau social où les 2 langues sont employées. Assister à des réunions amicales, à des événements communautaires et à d’autres activités réunissant des personnes parlant chacune des langues permet à l’enfant de pratiquer celles-ci et de comprendre que toutes les 2 sont utiles et estimées.  Plus difficile ici…

– S’assurer que l’enfant acquiert très tôt une base solide dans la langue minoritaire en l’inscrivant, si possible, à un centre de la petite enfance ou à un jardin d’enfants où c’est la seule langue utilisée ou la langue principale. A voir….

– Exposer l’enfant à des livres, des films, de la musique et des chaînes de télévision (euh… pas la tv…) ou de radio dans les 2 langues. Ces activités renforceront ses compétences linguistiques et son appréciation des 2 cultures. ok

– Garder contact avec les membres de la famille. Faire des séjours ou recevoir. Skype, ça compte aussi, non ?

– Plusieurs facteurs influencent l’apprentissage de 2 langues et le choix de la langue parlée par l’enfant : l’âge, le temps d’exposition aux langues, le statut de ces langues dans le pays d’adoption, etc. Toutefois, peu importe le contexte et l’environnement dans lequel l’enfant évolue, il est important que les parents démontrent un sentiment de fierté et adoptent une attitude positive face à l’utilisation de ces langues. Ainsi, l’enfant souhaitera plus les apprendre toutes les 2.  cocoricoooooo !

– Par contre, il faut aussi se rappeler que les enfants bilingues demeurent des enfants avant tout, avec leur propre personnalité, leurs besoins et leurs préférences, et qu’ils peuvent faire le choix d’une langue plutôt que l’autre, malgré la volonté exprimée par leurs proches. .

3 / Mythes et vérités du multilinguisme (d’après cet article)

– Il est faux de penser que les troubles du langage peuvent être aggravés par le bilinguisme.

– Les enfants bilingues ne parlent pas plus tard que les autres. L’acquisition du vocabulaire est légèrement retardée dans chacune des langues, mais lorsqu’on ajoute les deux langues, le vocabulaire total est souvent plus étendu.

– les bilingues peuvent parfois mélanger les deux langues au cours d’une même phrase (phénomène appelé code switching ou code mixing. Cela se produit lorsque l’on est plus à l’aise avec certains mots ou concepts de l’une ou l’autre langue. « Ainsi, lorsqu’un individu mélange deux langues, il n’est pas confus ou en retard; il utilise simplement toutes les ressources langagières dont il dispose pour exprimer sa pensée! »

– Le fameux un parent/une langue n’est apparemment pas une nécessité, ce n’est qu’une stratégie parmi d’autres, « c’est une façon simple de s’assurer que l’enfant est exposé suffisamment à chacune de ses langues, de façon à bien les maîtriser. Il existe d’autres stratégies pour favoriser le bilinguisme chez un enfant : un endroit, une langue (ex : une langue est parlée à la maison, et l’autre à la garderie ou à l’école) ou une activité, une langue (ex : une langue est parlée à l’heure du bain, une autre à l’heure du souper). »

– Même si les enfants absorbent le langage (le cerveau du bébé a la capacité de prononcer tous les sons en cherchant à imiter ce qu’ils entendent), il est impératif de fournir un « bain de langage » suffisant. « les enfants perdent cette merveilleuse capacité d’apprentissage de plusieurs langues, graduellement entre 6 et 12 mois, puis plus rapidement après l’âge de trois ans ».

– « Partout dans le monde, des enfants apprennent à parler deux langues sans problème. Mondialement, la plupart des gens parlent plus d’une langue » Il n’est pas nécessaire d’être un enfant surdoué !

Conclusion : Nous verrons bien comment Lynne intègre (ou pas) ces trois langues. Il y a du boulot, mais je crois sincèrement que cela en vaut la chandelle…

Le weekend du grand Chelem

Roulement de tambours, brlbrlblrblrblr….. ce weekend, Lynne :

1 / s’est retournée sur le ventre toute seule ! Elle a enfin compris comment passer l’épaule, et comment ne plus rester comme une baleine échouée sur le côté. Même si elle n’a pas très bien compris notre enthousiasme, elle a souri de bon cœur avec nous, histoire de participer…

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2 / a goûté sa première purée ! J’espérais attendre jusqu’à ses 6 mois, mais vu l’intérêt grandissant qu’elle portait aux aller-retour  de nos fourchettes entre l’assiette et la bouche, on a du se lancer dans du plus consistant. On a commencé avec succès les céréales il y a quelques jours. Aujourd’hui, on a inauguré notre mixer à bébé, heu, non, pour bébé : purée de patate douce bio. Bien entendu, elle a rapidement compris combien il était amusant de souffler la bouche pleine.

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3/ a commencé à s’exercer aux consonnes. Beuh, Peuh., Veuh étaient au programme. Ca lui plait tellement qu’elle se réveille en pleine nuit pour se raconter des histoires ou des blagues, je sais pas trop, mais en tout cas, ça l’amuse beaucoup. Bien sûr, elle tente ses vocalises avec la purée.

3/ s’est endormie toute seule dans son lit ! La nuit n’est pas finie… mais c’est un bon début…

Allez, je vais me coucher, moi aussi…