Construire une maison à travers des yeux d’enfant / To build a child friendly house

Me revoilà après une petite absence. Dans quelques mois, nous allons déménager dans une nouvelle maison. Quand je dis nouvelle, c’est vraiment nouvelle puisqu’elle est en cours de construction. Nous n’avions pas l’intention de nous lancer dans une construction, mais nous n’arrivions pas à trouver notre bonheur dans l’existant en raison de mes ..hum hum… très nombreux critères…. Finalement, cette opportunité correspondait bien à ce qui nous voulions.

La nouvelle maison sera à littéralement 3 rues de chez nous actuel. Le plan était déjà établi par le constructeur, mais nous avons pu y apporter quelques modifications qui nous semblaient importantes.  Et surtout, j’ai vu le potentiel énorme pour aménager une maison qui prendrait en compte les besoins de chacun des membres de la famille. Le plan est très ouvert, agréable et fonctionnel, avec de nombreuses fenêtres, et un petit jardin…

Je réfléchis beaucoup aux aménagements pour Lynne. Je vous ferai faire un tour de la maison quand tout sera aménagé dans quelques mois. Pour l’instant, je partage avec vous mes réflexions en vrac pour rendre la maison accessible à Lynne et lui offrir un maximum d’autonomie (à hauteur de ses capacités et de nos limites)…

Dans la mud room, espace de passage situé entre le garage et les pièces habitables, 4 grands casiers individuels vont accueillir manteaux (sur des crochets), chaussures, chapeaux, gants, sacs (dans des paniers)…. chaque casier est pourvu d’une banquette pour s’assoir et se chausser. Chacun son casier, chacun gère ses affaires…

La cuisine est le cœur de la maison. Elle va être pratique et spacieuse, complètement ouverte sur le séjour. Un comptoir central est pourvu d’étagères latérales ouvertes où Lynne pourra ranger couverts, verres, eau, assiettes, serviettes, qu’elle utilise fréquemment. Un autre placard bas lui sera aussi alloué pour y placer ses ustensiles de cuisine et ses affaires de nettoyage. J’ai repéré un super frigo où un petit compartiment séparé serait génial pour accueillir ce à quoi Lynne pourrait avoir accès toute seule : goûter ou petit dej.

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Dans le salon, les 2 étagères de bois basses de Lynne accueilleront le matériel/ jeux éducatifs liés à la découverte du monde, culture, géographie, histoire, langage, math, construction et un panier de tapis de travail. Eventuellement, la coiffeuse de Lynne pourra trouver une place pour servir de table d’observation de la nature… à tester, une fois que nous serons dans la maison…Deux étagères de part et d’autre de la cheminée, à usage de toute la famille, pourront recevoir les jeux de société, des livres….

Un petit bureau à partager entre Jie et Lynne, recevra un atelier d’activités manuelles et artistiques. Je bannis catégoriquement tout crayon, feutre, peinture ou pâte à modeler de la chambre de Lynne. Il y a des toilettes juste à côté du bureau, ce sera parfait pour toutes les activités qui requièrent de l’eau ou pour se laver les mains. Mon atelier à moi sera dans notre chambre. J’aurais préféré avoir un grand espace atelier pour toutes les deux, mais on ne peux pas tout avoir… une petite table à sa taille, des étagères pour accueillir chaque activité ou groupe de matériel dans des paniers, plateaux ou bocaux… je suis en train de faire un petite test concluant dans notre maison actuelle.

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La chambre de Lynne a un plan très particulier mais très amusant pour un enfant. Une grande alcôve de fenêtre offre un espace atypique et original. Au départ, je pensais aménager un coin lecture dans l’alcove, mais je crois que pour l’instant, je vais y mettre ses jeux d’imagination (la cuisinière, maison de poupée, un projet d’épicerie – magasin de glace et salon de thé…). Je prévois un nook, une tente de lecture avec coussins moelleux et une étagère de livres. J’ai vu de très belles idées sur Pinterest.

Lynne aura 2 ou trois coins lecture : un dans sa chambre, un dans le salon, et peut être un dans son atelier. Je ne suis pas encore totalement décidée pour l’atelier. Je pensais mettre un panier avec ses livres d’art et de musique. Mais j’ai un peu peur de la proximité avec le matériel de dessin et de peinture… A voir…

On va avoir la chance d’avoir deux salles de bain dont l’une sera attenante à la chambre de Lynne. Elle va pouvoir organiser son propre coin de toilette.

Des marche-pieds viendront compléter chaque espaces our que Lynne puisse accéder facilement aux éviers, toilettes, placards, machine à laver, plan de travail de la cuisine…

Voilà, de chouettes projets en perspective… J’espère que j’arriverai à faire naître ce qu’il y a dans ma tête !

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Pumpkin patch

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Malgré le temps presque estival, on st bien à une semaine d’Halloween. Ce weekend, quelques familles de la maison des enfants de Lynne se sont rassemblées au Pumpkin Patch de Rombach pour jouer entre citrouilles, fantômes et araignées…

Despite the summer like weather, we are just on week from Halloween. This weekend, some families from Lynne’ Children’s house gathered at the Rombach pumpkin patch for a playdate between ghosts, spiders and pumpkins…

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Une école Montessori de l’intérieur

Comme je vous en avais parlé ici, depuis la rentrée scolaire, j’ai la grande chance d’avoir intégré une école Montessori. Je vous en dis un peu plus aujourd’hui. Cette école est selon moi un véritable paradis pour les enfants et je suis extrêmement heureuse d’y travailler et de savoir que Lynne aura l’immense chance de faire sa scolarité dans une tel environnement.

Je n’ai pas d’expérience d’autres écoles Montessori et je n’ai pas encore de formation particulière, si ce n’est mon intérêt personnel et ma petite expérience quotidienne, alors je ne peux vous parler modestement que de ce que je vis dans mon école et de mon interprétation de cette pédagogie géniale.

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L’école

Loin du modèle régalien français, les Etats-Unis, sont moins frileux en ent terme de diversité scolaire et les écoles Montessori ne sont pas rares, ici autour de Saint Louis (Missouri). L’école où je travaille est accréditée AMI (Association Montessori Internationale, créée en 1929 par M.Montessori elle-même), gage de qualité de l’enseignement.

L’école occupe une ancienne maison, nichée dans un grand espace de verdure bordé de bois. Les enfants sont libres grimper aux arbres, de fabriquer des cabanes et sont dehors par tous les temps (à part les tout-petits). Jouer dans la boue les jours de pluie est un véritable régal pour eux et comme dit le proverbe suédois « il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais habits ». Il y a un potager et un poulailler de pondeuses dont s’occupent les plus grands. Les oeufs peuvent être achetés par les parents.

De gros projets sont sur le point de voir le jour (étendre l’accueil aux plus jeunes et aux adolescents, rénover et créer de nouveaux bâtiments), mais aujourd’hui, l’école est une petite structure qui accueille près de 150 enfants de 2 ans et demi à 12 ans : La maison des enfants (2,5 ans à 6 ans), la classe élémentaire cycle 1 (lower elementary : 6 ans à 9 ans) et la classe élémentaire cycle 2 (upper elementary : 9 à 12 ans).

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 Inventaire à la Prévert de la pédagogie Montessori

Maria Montessori (1870-1952), première femme médecin d’Italie, a passé sa vie a travailler auprès d’enfants. A partir d’observations très scientifiques, elle a élaboré un système éducatif : une philosophie de vie et un matériel d’apprentissage extrêmement réfléchi, précis et très élaboré.

La pédagogie montessori insiste en tout premier lieu sur le respect de l’enfant. L’enfant est un individu à part entière et non un sous-homme dont on doit façonner l’esprit. Le but n’est pas de formater des cerveaux, mais d’épanouir des êtres humains, libres, dans toute leur singularité et leur diversité. Pour Maria Montessori, offrir aux enfants bienveillance, respect, paix et harmonie mène à l’émergence d’adultes responsables et eux-mêmes respecteux de leur prochain et de leur environnement. Utopie ? Ben non, l’enfant est tout simplement l’adulte de demain. C’est en lui que réside la solution pour un monde meilleur.

Toute activité chez un petit enfant répond à son besoin impérieux de construction et de développement. C’est pour cela que l’on parle de « travail » et non pas de jeu, même pour un tout-petit. Ce mot permet en outre de souligner l’extrême importance des actes enfantins, trop souvent incompris et sous-estimés par l’adulte.

Maria Montessori a observé chez l’enfants plusieurs phases naturelles de développement à partir desquelles elle a fractionné sa pédagogie:

  • La période du nido (le « nid »): de la naissance à 18 mois (marche assurée). Un cocon de douceur, la plupart du temps développé au sein de famille, ou si vous avez de la chance, dans une crèche spécialisée (coucou, Delphine !)
  • La communauté enfantine : de 18 mois à 3 ans (je vous en parlerai quand je ferai un article sur la communauté enfantine de Lynne)
  • La maison des enfants : de 3 ans à 6 ans
  • l’école élémentaire : de 6 ans à 12 ans (parfois découpé en 2 cycles)
  • les adolescents : de 12 à 18 ans
  • les jeunes adultes : concernés par les études universitaires

De la naissance à 6 ans, l’enfant traverse des périodes sensibles où toute son attention est focalisée sur l’acquisition d’une compétence particulière (mouvement, langage, sens de l’ordre, développement des sens, …). L’enfant absorbe de façon naturelle et sans effort. Mais si l’enfant ne trouve pas de quoi répondre à sa période sensible, celle-ci passe et l’acquisition de la compétence ne pourra se faire qu’au prix d’un apprentissage laborieux.

De 6 à 12 ans, l’enfant à besoin de rapports avec le monde, d’élargir son champ social. Il entre par ailleurs dans une phase de concept et d’abstraction. Il développe son sens de la morale et de la justice.

Maria Montessori n’a malheureusement pas eu le temps de développer sa pédagogie pour les adolescents et n’a établi que de grandes lignes directrices.

L’enfant est au coeur de l’apprentissage montessori. Il est responsable de lui même et de ses apprentissages. Une classe montessori, ce n’est pas un enseignant qui transmet des connaissances à un groupe d’enfants, ce sont des enfants qui construisent leur enseignement propre, guidé par un éducateur. D’ailleurs, les enseignants sont appelés guides. Leur travail consiste à s’effacer le plus possible et guider l’enfant vers l’autonomie. Leur plus grande tâche est d’observer. Observer pour comprendre  l’enfant, et savoir s’il est prêt à recevoir tel ou tel apprentissage.

Les classes reposent généralement sur des cycles de 3 ans (3 ans-6 ans, 6 ans-9 ans et 9 ans-12 ans). Le mélange des âges est bénéfique à tous :

  • les enfants ont le temps de développer  et approfondir leurs compétences selon leur propre rythme. Quand un enfant intègre un savoir au moment où il est prêt à le recevoir, il y a fort à parier que l’assimilation se fait sans gros effort et de manière durable.
  • les plus jeunes bénéficient de l’expérience des plus grands (il est indiscutable qu’un enfant apprend plus d’un autre enfant que d’un adulte), et les plus grands deviennent des modèles et de petits « maîtres » qui renforcent leurs connaissances en les transmettant et développent leur sens de la responsabilité et de l’empathie (prendre soin des plus jeunes).

L’enfant apprend par ses sens. L’importance de la main en particulier est primordiale. Maria Montessori a donc élaboré un matériel d’apprentissage dont des générations d’enfants ont validé le génie. Chaque notion et concept se transmet grâce à la manipulation de matériel concret. Ce matériel répond à des normes très précises. En matériaux nobles (bois, verre, métal…), isolant une seule idée (difficulté) à la fois et intégrant un contrôle d’erreur (pour pouvoir être utilisé de façon autonome par l’enfant). Les plus grands du cycle élémentaire utilisent de moins en moins de matériel et manipulent plus l’abstraction. J’essaierai d’écrire un article pour vous donner une idée du matériel utilisé.

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Il n’y a pas de cour magistral (excepté la série des 5 grands récits de l’humanité), puisque l’enseignant suit le rythme propre de chaque enfant. Les savoirs sont dispensés en « leçons« . Une leçon est donnée par l’enseignant à un seul enfant ou un petit groupe d’enfants.

Dans une classe montessori, les enfants bougent. Ils sont libres de se déplacer, s’assoir ou travailler au sol sur des tapis déroulés, parler (à voix basse, bien sûr). Ils travaillent en groupe ou seuls. Contraindre un enfant à rester assis en silence, il faut bien avouer que c’est quand même contre nature…

L’enfant choisit librement ses activités (dans la palette des enseignements proposés dans la classe). Il peut demander à recevoir telle ou telle leçon (car il a vu d’autres camarades travailler) ou l’enseignant peut lui proposer. Une fois qu’il a reçu une nouvelle leçon, l’enfant peut y travailler autant de fois et de temps qu’il le souhaite.

Il n’y a pas de récompense, pas de punition, pas de système de notation. L’enfant travaille pour lui-même. C’est tout le travail subtil de l’autonomisation…. on cherche à éveiller la curiosité, un goût de la découverte et de l’apprentissage. Les enfants ne travaillent pas par ce qu’il y a un contrôle et qu’il faut avoir une bonne note, sinon papa et maman ne seront pas contents, mais parce qu’ils ont envie d’en savoir plus. Parce qu’ils sont heureux de découvrir le monde qui les entoure et ce qu’il a a offrir.

Il n’y a pas de devoirs extra-scolaires. Hors de l’école, l’enfant doit être libre de profiter de sa famille, d’activités personnelles et de s’ouvrir au monde et à la société.

On encourage systématiquement les enfants à trouver une solution à leurs propres problèmes ou à demander l’aide de leurs collègues. En cas de conflit nous encougageons les enfants à se parler. L’intervention des adultes est de préférence le dernier recours.

Une école Montessori ne sectionne pas l’enfant. Elle ne le réduit pas à un simple cerveau à remplir de savoir théorique. Elle ne s’adresse pas qu’à une seule facette de son être. L’enfant est considéré comme un tout : c’est aussi un adulte en devenir qui doit savoir trouver sa place dans la société (et qui doit par conséquent apprendre à interagir avec son prochain avec grâce et courtoisie), et qui doit savoir se prendre en charge, prendre soin de soi et de son environnement (d’où l’importance des travaux de vie pratique, les tâches ménagères quotidiennes).

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Ma classe

  • Des enfants de 6 à 9 ans, en élémentaire cycle 1 (lower elementary),
  • Tous les matins et tous les soirs, l’enseignante accueille et prend congé de chaque enfant, respectueusement, en lui serrant la main, et en le regardant dans les yeux, baissée à sa hauteur.
  • Ce que l’on appelle notre classe est en fait un rassemblement de plusieurs salles de l’ancienne maison, mais aussi le solarium (véranda). C’est très lumineux, chaleureux et dans son jus. J’adore !
  • Il n’y a pas de table assignée. Chaque enfant est libre de s’assoir où il veut, seul ou en groupe à partir du moment ou il travaille et ne perturbe pas ses camarades. Ils peuvent aussi choisir de travailler au sol, sur des tapis.
  • Il n’y a qu’une seule pause dans la journée (à midi), mais les enfants étants libres de bouger librement, de lire dans la bibliothèque, le besoin de se défouler n’est pas le même.
  • Tous les enfants mangent sur place (soit repas qu’ils amènent, soit commandé à l’école), dans la classe, avec l’équipe enseignante. Ils sont en charge de dresser leur couvert, de débarasser et nettoyer.
  • Les enfants doivent eux-mêmes prendre soin de leur environnement. Chacun a donc une tâche quotidienne qui change d’une semaine sur l’autre : soin des animaux de la classe, nettoyage des sols, des étagères, des tables, rangement des espaces, soin des plantes, vider les poubelles, remplir et vider le lave-vaiselle, gérer lave-linge et sèche linge (sets de table,serviettes,  chiffons…), tailler les crayons…
  • Des intervenants extérieurs dispensent des cours d’espagnol, de musique et de sport
  • Presque tous les jours, après la pause de midi, l’enseignante fait la lecture d’un chapitre de livre à voix haute pendant que les enfants déssinent, crochètent, font de l’origamie…
  • chaque enfant tient un journal où il écrit tout le travail qu’il effectue dans la journée. L’enseignante le regarde tous les soirs. Chaque semaine, les enfants ont « conférence » avec l’enseignante. C’est le moment où l’on fait le point sur ce qui a été réalisé, et où les orientations de travail à venir se dessinent.
  • Les enfants n’ont pas de leçon écrite, pas de cahiers. Ils peuvent réaliser eux-mêmes de petits livrets avec le résultat de certaines leçons, pour les garder en référence.
  • Les enfants utilisent un matériel commun (crayons -on n’utilise pas de stylos aux USA, mais des crayons, gommes, règles, ciseaux,…). S’ils décident d’amener leur propre matériel, ils doivent alors le partager avec les autres enfants. Je sais que ce fonctionnement est propre à mon enseignante, ce n’est pas systématique aux écoles Montessori.
  • Les enfants n’ont donc pas de cartable, pas de livres. Les leçons Montessori étant transmises à partir du matériel pédagogique et non par les livres. Cela ne veut pas dire que les livres sont absents, bien au contraire ! la bibliothèque est en accès libre et chaque enfant peut y passer un moment chaque jour.
  • L’enseignement mathématique est extrêmement fort… vous connaissez beaucoup d’enfants de 8 ans qui connaissent les carrés des nombres jusqu’à 76, vous ?

Mon travail

Je suis assistante de l’enseignante et le moins que puisse dire, c’est que je n’ai pas le temps de m’ennuyer ! La journée est remplie sans interruption du début à la fin.

Cette année est un peu particulière car nous avons beaucoup d’enfants dans cette classe et nous sommes 2 assistantes. Une vrai bénédiction, puisque je peux apprendre de ma collègue qui a beaucoup plus d’expérience que moi. L’année prochaine, la classe sera scindée en deux.

Mon travail consiste à m’assurer que les enfants ont toujours à disposition le matériel nécessaire pour travailler, veiller au respect du matériel d’apprentissage, aider les enfants à trouver des solutions à leur problèmes, les guider à gérer leurs conflits, les aider à se mettre au travail ou les orienter, et dans certains cas travailler avec eux, parfois cuisiner avec eux, veiller au bon déroulement des tâches ménagères des enfants, surveiller la récréation, et encore mille et une petites choses… A partir du mois de janvier,  nous avons le projet de commencer des cours de français pour les enfants qui le désirent.

Voilà donc un petit tour d’horizon de mon travail et de ma compréhension de la pédagogie Montessori. J’apprends beaucoup, en pédagogie, en relationnel, en anglais et je n’ai pas fini d’apprendre !

Nhésitez pas à partager votre expérience d’écoles Montessori ou simplement vos réflexions.

 

Reprise sur les chapeaux de roues / Busy beginning

Et voilà, nous sommes de retour aux Etats-Unis depuis une semaine et demie et déjà pris dans le tourbillon de notre nouvelle vie. En résumé :

Un vol retour bien secoué. Arrivés à Chicago, nous avons dû patienter un long moment pour que l’immigration procède aux vérifications de mon advance of parole (voir  ici mon processus d’immigration). Il n’y a pas eu de problème, pas de questions. C’était juste long et nous avons raté notre correspondance (on savait qu’on était juste de toute façon). Vol suivant retardé longtemps, longtemps, très longtemps à cause du mauvais temps. Après avoir été bien secoués, l’avion amorse sa descente, puis remonte aussi sec dans les airs. Impossible d’atterrir à STL à cause d’un très gros orage. Nous voilà repartis pour un autre aéroport, Columbia (MO) . Atterrisage un peu rude. Attente, puis retour à Saint Louis dans un bus affrêté par United Airline et enfin taxi jusqu’à la maison… En tout, une ralonge de 12 heures par rapport au voyage initial. Pfff !

Les débuts de Lynne dans sa communauté enfantine montessori (voir ici) se sont plutôt bien passés. Mais elle a de plus en plus de mal le matin car elle réalise que ça va être notre nouvelle vie maintenant… Les photos que nous envoient son école au cours de la journée montrent que ça se passe quand même plutôt bien. Honêtement, je trouve que Lynne est vraiment courageuse. Tout ça, ça fait beaucoup pour une toute petite fille comme elle et elle s’en sort très bien. Elle dort maintenant dans sa chambre et dans son lit au sol. Même si je fais pas mal d’aller-retour dans la nuit (je sais plus très bien où est mon lit, moi…) on est sur le bon chemin…

Mes débuts à moi dans mon école Montessori (voir aussi ici) sont supers. La semaine a été épuisante mais je suis ravie. L’équipe pédagogie, le site, les enfants… tout est pour l’instant prometteur.

Mon permis de conduire. Eh oui, en tant que résidente du Missouri, je ne peux me servir de mon permis français que 6 mois. Après, il faut que je passe le permis de conduire du Missouri. A l’arrache, mais avec succès (0 fautes ! :)) j’ai passé la partie écrite du permis. Il faut réussir un total de 20 bonnes réponses sur 25 questions sur ordinateur. Puis on passe un petit examen de vision et on nous interroge sur les panneaux. Nous venons d’acheter une seconde voiture. Il faut que je passe à présent la partie « conduite » du permis.

Le début des « socials » : évênements festifs permettant aux gens de se rencontrer (bon, des fêtes, quoi). Nous avons commencé par la ice cream party à l’école de Lynne et la swimming pool party à mon école. Tout nouveau pour moi, ces fêtes d’école. Mais bien sympatique !

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Here we are, back in USA for one week and a half and already drown in our new very busy life. To sum up : 

Very bad trip back. Long waiting in Chicago while Boarder checked my Advance of Parole. No problem, no question but a very long waiting. We missed our connecting flight and next flight was super delayed because of bad weather. After a very shaky flight we could not land in Saint Louis and we had to change our way to Colombia (MO). Then a bus came to pick us up to drive us back to STL. Total, 12 hours more than original plan. Pfff !

The beginning of Lynne in her Montessori children’s house (see here) was rather good. But it is harder in the morning now she realize it is going to be our new way of life… The pictures sent by her school during day time show us things are going well once we are away. Honestly I think she is very brave. It is a lot to take for a little girl and she is doing very well. Now she sleeps in her own bedroom in her floor bed. Even if I have to go often from one bed to another during the night (I do not know where is my bed right now !) we are little by little getting there…

My own beginning in my Montessori school (see also here) was great. I am exhausted but happy. I think I will really enjoy my new working place.

My driving license. Yes, as a Missouri permanent resident, I need to get an american driving license. I passed the written test last week (0 mistake ! :)) though I thought I would not get it… We just bought a second car. and I need now to pass the driving test.

Beginning of Socials. Very new for me, but very enjoyable… We began with Lynne’s school ice cream party and continued with my school’s swimming pool party (yes, my school has a  swimming pool…)

Voyager avec un bébé

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Quand je suis tombée enceinte de Lynne, je vivais en France et son papa vivait aux USA. Nous avons décidé que Lynne naîtrait en France. Elle a attendu pile poil son papa pour arriver le 6 décembre 2013. Lynne a deux nationalités, française et américaine (la Chine, malheureusement refuse les nationalités multiples), mais pour rejoindre son papa, il m’a fallu obtenir un visa. Pendant la longue procédure (lire articles ici,  et encore ), nous nous sommes beaucoup déplacées toutes les deux, pour de courtes, moyennes et très très longues distances. Nous avons donc eu moultes occasions de pratiquer voiture, bus, train et avion (d’où « chroniques d’une globe-téteuse »!). J’étais déjà habituée aux voyages longues distances, mais avec un bébé, c’est différent… J’ai majoritairement voyagé seule avec Lynne, et je commence à être rodée. Toutefois, plus elle grandit (17 mois, maintenant), plus ça devient sportif !

Lynne a pris l’avion la première fois lorsqu’elle avait 3 mois, pour aller aux USA (techniquement, elle a commencé ses aller-retours France/USA à 3 jours de conception, puis à 1 mois et demi de gestation). Nous sommes rentrées en France quand elle avait 6 mois. Puis nous sommes parties en Chine quand elle avait 10 mois pour rencontrer ses grands-parents, et de là, nous avons continué (en famille cette fois) encore plus à l’est (oui, ça fait bizarre, mais c’est bien vers l’est depuis la Chine) vers le Missouri. Nous avons repris l’avion (en famille) pour un séjour à Los Angeles (ici, et ) lorsque Lynne avait 15 mois. Sans surprise, le voyage le plus facile a été le premier : un bébé exclusivement allaité et content d’être lové sur sa mère dans une écharpe… forcément, ça aide…

Alors, à la veille d’aller passer cet été en France, je me suis dit que partager notre expérience de maman nomade et de bébé globe-têteuse, pourrait peut-être utile à d’autres…Voici donc mes astuces de survie :

Pour mémoire, selon les compagnies, bébé ne paira pas sa place s’il n’a pas de siège jusqu’à 2 ou 3 ans. Mais il faudra vous acquitter tout de même d’une participation (plus ou moins importante) aux taxes d’aéroport et autres frais.

– Une bonne organisation est essentielle. Je suis une adepte de chaque chose à sa place et une place pour chaque chose. Ca permet d’atteindre très rapidement tout ce dont on a besoin (documents, doudou, sucette…). Malgré les contrôles de sécurité, et les multiples manipulations, je m’applique à remettre scrupuleusement tout à sa place pour éviter les paniques de dernière minute. L’idéal, c’est d’avoir une petite pochette suspendue autour du coup (pas super stylé, mais pratique), avec les documents de base qu’on va sortir 10 fois pendant le trajet (passeports, billets, carte bleue, monnaie pour les fringales…).

Paperasse : Lynne porte nos deux noms de famille mais sur mon passeport ne figure que mon nom de jeune fille, alors pour éviter tout problème quand nous voyageons seules, je prends avec moi le livret de famille et une lettre signée de son papa m’autorisant à voyager seule avec Lynne. Personne ne m’a encore rien demandé, mais sait-on jamais…  Lynne ressemble à son papa et on m’a déjà demandé plusieurs fois si je l’avais adoptée…

– Le porte bébé : écharpe, sling, manduca, … tout ce que vous voulez (à partir du moment où la position est physiologique !, lire ici). Le porte bébé est vraiment super pour garder les mains libres et avoir bébé bien localisé contre soi. Lynne est tellement habituée à être portée que cela ne pose pas de problème. Enfin, à 17 mois, c’est un peu différent, la durée de portage est limitée car elle veut toujours bouger…Toujours la grande question : sling ou écharpe ? Généralement, je prends les deux. Cette fois-ci, ce sera tonga et Mid-tai. Il faut savoir qu’en passant les contrôles de sécurité, on vous demandera parfois de retirer votre bébé du porte bébé, parfois non. Galère de mettre les affaires sur le tapis, tendre les billets et défaire son écharpe en tenant son bébé… Attention, en cabine, si vous gardez votre bébé en écharpe, quand vous êtes assis, mieux vaut savoir faire un nouage où le noeud n’est pas dans le dos !

La plupart des compagnies vous laisseront embarquer une poussette gracieusement (en soute ou en cabine). Les petites poussettes-canes sont généralement acceptées en cabine sur les longs courriers (on vous les prendra en rentrant dans l’avion pour vous les rendre en sortant). Les poussettes plus grosses sont parfois acceptées jusqu’à l’avion, mais elles sont ensuite mises en soute et vous ne les récupèrerez qu’à votre destination finale. Cetaines compagnies mettent gratuitement à disposition des poussettes pendant les transits.

– Embarquement : bon à savoir, certaines compagnies (United Airline, par exemple) ne font plus passer prioritairement les familles avec enfants… bouh ! pas bien ! Si vous êtes seul(e), allez quand même pleurer un coup auprès des hôtesse de la porte d’embarquement… si on vous prend en pitié, on vous fera passer après la première classe et la classe business… toujours ça de gagné pour s’installer tranquillement

En cabine : Pas toutes les compagnies aériennes proposent une ceinture de sécurité spécial bébé. D’où l’intérêt aussi du porte bébé. La ceinture bébé, quand on vous la donne est très facile à installer. Elle a une boucle qui se glisse à votre propre ceinture de sécurité. Pour les plus petits bébés, vous pouvez réserver un berceau (généralement jusqu’à 75cm et 12 kg). On vous mettra alors sur un rang de devant (avec plein de place, yahoo !) et le berceau sera installé une fois l’avion en vol. Là encore, selon les compagnies, ces berceaux son plus ou moins bien… et pas dit que votre bébé acceptera d’y faire un tour. Cela dit, rien que pour avoir le rang de devant, ça vaut la peine de demander, et si possible côté allée (avec un bébé marcheur, c’est mieux). Pensez à trouver unn moyen de faire délutir votre bébé à l’attérissage et décollage (allaitement, sucette, boisson), ça évite les maux d’oreille (bien que je n’ai jamais expérimenté le problème avec Lynne qui a plutôt tendance à s’endormir dans ces moments là).

Bon à savoir, dans les avions, il y a forcément un des toilettes avec une table de change…micro table… Plus bébé grandit, moins c’est pratique, voire carrément acrobatique ! Si vous savez changer votre bébé debout, c’est le top, ce qui n’est malheureusement pas mon cas !!!

– Prévoir suffisamment de temps en transit. Franchement, je préfère patienter plus longtemps, mais ne pas avoir à courir avec bébé. Surtout seule. Je change toujours Lynne juste avant d’embarquer (plus confort que l’avion), ça prend du temps. Dans les aéroports, vous trouverez toujours des toilettes avec table de change, soit dans des pièces familiales (j’en ai pas vu partout), soit dans les toilettes pour personnes handicapées. Si bébé ne marche pas, et que vous avez une poussette, tant mieux, ça passera dans les toilettes pour personnes handicapées. Sinon, ben bébé dans le porte bébé… ça se fait (d’où l’intérêt de peu de bagages avec soi). Vivement le jour où tous les pays adopteront le siège bébé inclus dans les WC comme au Japon : maman sur les toilettes et bébé juste à côté, glissé dans un siège accroché au mur. Le top !

– Un minimum de sac en cabine. J’ai déjà voyagée chargée comme une mule, à bloc de ce qui était autorisé. Je n’avais pas vraiment le choix, vu les circonstances ; je cumulais le voyage en Chine, le déménagement (on partait directement pour les USA) et le bébé… ! généralement, les compagnies sont assez généreuses avec le surplus bébé. Mais seule, c’est super galère ! Attention de ne pas se laisser trop emporter !

Pour ce prochain voyage, je compte prendre en cabine juste une seule petite valise à 4 roues (et la petite pochette dont je parlais avec les billets et passeport). Dans cette valise à roulette, je mettrai entre autre un sac plus petit sac rempli de ce que je veux impérativement garder avec moi pendant le vol et qui restera à mes pieds pour un accès facile (nourriture et eau, doudous, jouets/livres, changes et rechange). A chaque escale, je rechargerai ce sac pour la nourriture et les changes.

Sachez que lorsque vous entrez aux USA, vous devrez récupérer tous vos bagages enregistrés au premier port d’entrée pour les réenregistrer. Donc même pour les bagages en soute, pensez à faire pratique : mieux vaut une grosse valise (à roulettes, 4 roulettes c’est encore mieux) que 3 ou 4 sacs de taille moyenne. NB : Pour éviter le bazar dans une grosse valise, vous pouvez séparer les affaires dans des gros sacs de congélation transparents (affaire bébé, habits de papa, habits de maman…)

Nourriture : certaines compagnies, comme Emirates (ah ! Emirates !!!) proposent des petits pots de fruits (mais ils ne sont pas terribles et super sucrés), mais c’est rare. Mieux vaut donc prévoir sa propre nourriture si bébé est encore petit et voyage sur vous (et donc qu’il n’a pas de plateau repas prévu). Bon à savoir, il n’y a pas de micro-ondes dans les avions. La seule choses que l’on peut faire, c’est mettre le petit pot dans deux gobelets d’eau ultra chaude et attendre que ça tiédisse. Sinon, sandwichs ou snacks pour les plus grands (tomates cerises, fromage, galettes…) ce jour là, on ne cherche pas franchement à manger sain et bio… on cherche à survivre… Généralement, je commande à l’avance un plateau végétarien car on vous sert en premier… ça vous permet de vous débarasser de votre repas plus vite et vous installer (enfin, si on veut bien vous récupérer le plateau vide rapidement). On pourra vous fournir du lait à bord (utilisé généralement pour agrémenter thé ou café, alors pas de lait entier, mais bon, c’est toujours ça…). Pensez à faire oire bébé souvent, on se deshydrate plus vite en avion.

Vous êtes autorisés à embarquer nourriture et boisson (eau / lait) pour vos enfants. Quand vous passez les contrôles de sécurité, signalez-le. Selon les aéroports et les pays, on vous demandera de tout sortir, ou pas, de boire devant les agents de sécurité ou pas…. j’ai eu droit à tous les cas. Quand vous entrez aux USA si un agent de douane vous demande si vous avez quelque chose à déclarer, pensez à signaler que vous avez de la nourriture bébé. Un agent pensait me coincer, mais heureusement, j’allaitais et donc je n’avais vraiment rien. Il m’est aussi arrivé aux USA d’être bloquée à un contrôle de sécurité où le biberon de lait bio de Lynne avait déclanché une alarme… Le biberon a dû passer une batterie de tests avant qu’on nous laisse enfin partir.. c’était un peu flippant ! et là je me dis, mais punaise, qu’est-ce qu’ils mettent dans leur lait bio ?

Pensez à prendre des surplus de couches et de nourriture, au cas où vous resteriez coincés dans un aéroport. Aux USA et en Chine, par exemple, les retards sont fréquents… et parfois longs. Bizarrement, je n’ai jamais vu de vente de couches et rarement des petits pots (il faut que l’aéroport soit suffisamment grand et qu’on y trouve une supérette). C’est un soulagement quand bébé commence à manger comme vous…

Passer le temps. Plus votre bébé est grand, moins il dort et plus c’est sport pour l’occuper. S’il est assez grand vous pouvez lui préparer des busy bags (activités prêtes à l’emploi mises dans des petits sacs et distribuées au fur et à mesure du voyage : matériel de dessin, des jeux à monter, poupées de papier…). On trouve plein d’idées sur pinterest. De la marche à 20 mois, je dirais que c’est sans doute un peu rude, une fois qu’on a fait le tour des magasins dans l’aéroport, et qu’on a arpenté l’avion 3 fois… pfff ! Quand vos voisins ou les hôtesses sont chouettes c’est le soulagement ! j’ai eu un jour un stewart envoyé du ciel (hi!hi!), qui s’est occupé de Lynne comme un chef ! Lynne est super curieuse et n’arrête pas de bouger… galère… Il faut dire que passée l’exitation de la nouveauté, ce n’est pas très marrant pour eux… Les jouets et livres sont à donner au compte goutte, les uns après les autres pour garder un peu la surprise du « nouveau ». Si vous n’avez pas de problème de position pour/contre écrans pour les tout-petits, vous pouvez avoir recours aux tablettes numériques. Malheureusement, quand vous avez des principes débiles comme les miens, ben vous galérez plus….

Vous pouvez lire mon article : occuper bébé en voyage pour plus d’idées

Jet-lag. Une fois arrivé, on y coupe pas, tout le monde sera victime du décalage horaire (si non, estimez-vous très très chanceux !). Je n’ai pas de truc particulier… généralement, chez un enfant, ça dure de 3 jours à une semaine… réveils nocturnes et pas envie de se rendormir pendant plusieurs heures… et les journées à assurer derrière… On fait comme on peu… d’autres blogs traitent le sujet. J’avoue ne pas être encore au point là-dessus et je n’ai pas de stratégie particulière…j’essaierai de mieux analyser notre arrivée en France pour faire un billet sur le sujet.

Voilà. N’hésitez pas à me poser des questions où partager votre expérience dans les commentaires. Dans ces moments, toute aide et conseil avisé est bon à prendre !

Bon voyage !!!

Immigration aux USA avec un visa fiancé K1 – Time line et coûts

(Dernière mise à jour : 28 mai 2016)

Au début de la procédure, j’ai recherché des infos sur le processus du visa K1 et le temps nécessaire. Avec mon bébé en france et son papa aux Etats-Unis, je vous assure qu’on avait plutôt interêt à avoir une idée d’où on allait. J’ai vraiment apprécié pouvoir glaner quelques infos sur internet ici et là… Mais très souvent, on ne parle que de la procédure de visa et pas de ce qui se passe après. Nous avons eu de la chance (et un bébé en commun et un bon dossier), nous avons rencontré aucun problème. Tout s’est très bien déroulé jusqu’ici et la procédure à finalement été beaucoup plus rapide ce que nous imaginions. Alors voilà notre time line la plus complète possible (ce dont je me rappelle…) et surtout avec les coûts de chaque étape…

Time line : 

11 avril 2014 : 1er envoi de la demande de visa K1 (I-129F) par mon fiancé au Department Homeland Security qui transfère le dossier au US Citizenship and Immigration services [340$]

29 avril 2014 : I-129F approuvé

23 mai 2014 : Notification de l’approbation de notre dossier par le National visa center qui transfère tout à l’ambassade à Paris

02 juin 2014 : reception des instructions pour constituer le dossier à fournir à l’ambasse (pour une idée du procéssus : ici, pour une aide pour le formulaire DS-160) et l’entretien (NB, aucun dossier de visa K1 ne peut être traité par les consulats. Seule l’ambassade de Paris a autorité en la matière).

29 juillet 2014 : demande de citoyenneté américaine pour ma fille auprès du consulat des Etats-Unis, à Marseille. Il faut impérativement que les deux parents soient présents (à ce que l’on m’a dit au téléphone) car nous prêtons serment quant à la véracité des info données. Il a donc fallu attendre que son papa revienne nous voir en France pour faire la démarche (elle est née le 6 décembre 2013). Nous avons commencé à préparer son dossier de visa K2 (pour les enfants de K1), mais elle a pu obtenir sa citoyenneté américaine à temps et nous avons annulé la démarche. [205$ pour l’enregistrement de la naissance à l’étranger, la demande de numéro de sécurité sociale américaine et l’établissement du passeport]

06 août 2014 : réception du passeport américain de Lynne et de son certificat de citoyenneté.

08 août 2014 : visite médicale chez l’un des deux médecins agréés par l’ambassade à Paris. Attention, il faut avoir tous ses vaccins impérativement à jour. Le docteur devrait vous envoyer la liste des vaccination requise avant votre rendez-vous. Voir mon article ici [240€]

12 août 2014 : entretien à l’ambassade des Etats-Unis à Paris. Article [160$]

22 août 2014 : réception de mon passeport estampillé du visa K1. Le visa est valide du 20 août 2014 au 7 février 2015

20 septembre 2014 : envoi de la demande publication des bans au Consulat de France à Chicago (qui est l’autorité de notre circonscription). Si vous voulez que la France reconnaisse votre mariage, il faut que celui-ci soit enregistré. Généralement, l’administration préfère être avertie avant le mariage pour procéder à la publication des bans. Sur le site internet du Consulat, il est expliqué que si on ne les prévient pas, on est susceptible d’être convoqué sur place à Chicago. Donc, autant faire les choses dans l’ordre et s’éviter la peine…

14 octobre 2014 : déménagement de mes affaires vers les USA. Article ici.

05 novembre 2014 : entrée sur le territoire américain avec le visa K1. Nous avons légalement 90 jours pour nous marier.

04 décembre 2014 : notification de la publication des bans par le consulat de France de Chicago.

12 décembre 2014 : mariage à Saint-Louis, Missouri (voir mon article ici) [100$ pour la célébration]

16 décembre 2014 : demande et obtention de l’Apostille (document officiel qui autentifie certains actes à destinations de pays tiers). Nous sommes allés directement sur place, car le bâtiment n’était pas loin de chez nous. [10$]

20 décembre 2014 : envoi de la demande d’enregistrement du mariage auprès de l’état civil français (Consulat de France à Chicago) avec l’apostille.

01 janvier 2015 : livraison de mon déménagement par la société Eurogroup [2100€ pour 6m3 de Paris à Kirkwood, Missouri]

03 janvier 2015 : envoi de la demande de carte verte, de la demande d’un permis de travailler (sans carte verte, ou visa idoine, impossible de travailler sans demander l’autorisation. Cela dit, nous avons appris par la suite qu’il est possible de travailler dans les 3 mois suivant l’entrée sur le territoire du visa K1… pas très clair l’info, donc à verrifier) et de l’advance of parole (pour voyager, c’est à dire re-rentrer sur le territoire américain, alors que je n’ai pas encore de permis de séjour) [1170$ pour les 3 demandes]

26 janvier 2015 : convocation pour le relevé de mes empreintes digitales. Ambiance très détendue et agents très sympas, contrairement à ce à quoi je m’attendais…)

04 mars 2015 : reception de l’Advance of Parole et de la notification de l’autorisation du permis de travailler (il s’agit d’une carte).

10 mars 2015 : reception de ma carte d’autorisation de travailler. J’ai l’impression que cette carte sert aussi de preuve d’advance of parole… mais pour plus de sureté, je prendrai tous les documents avec moi lors de mon prochain voyage en France…

11 mars 2015 : Demande d’un Social Security number

20 mars 2015 : Réception par courrier de ma carte de séurité sociale. Attention, pour pouvoir créer un compte internet, vous devez être en possession d’une pièce d’identité américaine… Comme nous avions besoin très rapidement d’une pièce d’identité pour les taxes, j’ai été me faire une Non driver License (Le papier est instantané, et ça ne coûte que 11 $, ce qui me laisse un peu plus de temps pour passer mon permis… eh oui, étant résidente et non touriste, le Missouri demande de repasser le permis de conduire. Pas d’équivalence avec le permis français, Pfff !!!. Mais la loi est différente pour chaque état)

avril (?) 2015 : réception du livret de famille français

Juillet 2015 : réception d’un courrier notifiant de l’immense retard du traitement des dossiers de demandes de cartes vertes. Il semble que je n’aurai pas besoin de repasser d’entretien, mais que notre dossier sera traité d’ici 6 mois à cause des retards (je pense que cela est lié au bras de fer entre les différentes institutions politiques sur les propositions d’Obama et qui a gelé l’administration un moment).

15 juillet 2015 : J’ai envoyé un mail au service de déclaration d’impôt pour non résidents (expatriés) (sip.nonresidents@dgfip.finances.gouv.fr) car, même si je ne perçois aucun revenus en France, j’ai gardé des comptes bancaires français (taxés à la source, mais dont je devais déclarer tous les ans les intérêts). Il semble que je n’ai rien à déclarer. Voilà la réponse : Madame, Monsieur, En tant que résident fiscal à l’étranger, vous n’êtes soumis en France qu’à une obligation déclarative limitée à vos seuls revenus de source française.En l’absence de revenus de source française imposables en France, vous ne devez pas déposer de déclaration de revenus. Vos comptes bancaires ont déjà subi un prélèvement libératoire par la banque . Si vous percevez des revenus de source française imposables en France, vous devez déposer une déclaration 2042 au Service des Impôts des Particuliers Non résidents, 10 rue du Centre, TSA 10010, 93465 NOISY-LE-GRAND CEDEX.

24 aôut 2015 : pour valider ma demande de carte verte, les services d’immigration nous demandent de leur envoyer des preuves financières qui accréditent notre mariage (et prouve que ce n’est pas un mariage blanc). En gros des documents financiers qui portent nos deux noms.

Septembre 2015 : permis de conduire américain. En tant  que résidents, on ne peut conduire que 6 mois avec notre permis d’origine. Dans le Missouri, il nous faut passer la partie écrite et la partie conduite. Coût : 22,50$ (oui, il y a une sacrée différence avec la France, d’autant plus qu’une fois que l’on a la partie écrite, équivalent du code, on peut apprendre à conduire avec quelqu’un qui a déjà le permis, sans avoir à passer par une école de conduite, voir infos ici). NB : la licence expire  à la date d’expiration de mon advance of parole/ permis de travailler. Il faut donc le renouveler quand on reçoit la carte verte.

30 octobre 2015 : envoi des documents prouvant que nous vivons bien ensemble : compte bancaire commun, voiture à nos deux noms et demande de prêt en commun.

19 novembre 2015 : ma demande de carte verte est approuvée. On peut voir l’information sur le site internet. 21 novembre : je reçois ma petite CARTE VERTE ! (celle-ci n’est valable que 2 ans. Il faudra que je fasse une demande de carte permanente dans 2 ans).

mai 2016 : TRES IMPORTANT : si vous gardez des comptes bancaires en France et que le total du solde est supérieur à 50 000 $, vous devez faire une déclaration auprès du gouvernement américain, en vertue du FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act), une loi votée en 2010 par le Congrès américain pour lutter contre l’évasion fiscale. Vous pouvez être vraiment embêtés pour ça (voir cet article) et vous faire virer de votre banque française. J’ai découvert cette obligation par hasard en parlant avec un autre expat. Il faut remplir le formulaire FINCEN14.

A faire : demande de la très importante inscription consulaire de Lynne et moi comme citoyennes françaises expat auprès du consulat. Formulaire à télécharger en ligne et renvoyer.

Coût total : 2 020$ pour la procédure d’immigration + 2 100€ pour le déménagement + 205$ pour la citoyenneté de Lynne (sans compter bien sûr les trajets en avion!) + 36 $ pour ma non driver and driver licence

NB : Nous sommes couverts par l’assurance santé de mon mari. Bon à savoir, la couverture de la sécurité sociale française continue 1 an après votre expatriation.

NB2 : De ce que le consulat m’a dit par téléphone, changer son patronyme post-mariage se fait en personne au Consulat. Il n’y a pas de formulaire il faut juste refaire son passeport. Mais il faut se déplacer pour ça.

Voilà, j’espère que notre expérience pourra être utile à d’autres personnes. N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions ou des remarques.

Bon courage !

Mariage franco-américain, mode d’emploi (ou le long parcours du visa K1)

Sophie and Jie

Et voilà, c’est fait…

Nous nous sommes mariés aujourd’hui en tout petit comité, nos témoins et nous. Enfin, aujourd’hui, c’était la cérémonie, parce que la procédure est longue quand on n’a pas la même nationalité !

Etape 1 : le visa fiancé (K1)

Demande auprès de l’immigration américaine, qui transmet le dossier à la Sécurité nationale, qui le transmet à l’ambassade à Paris, qui vérifie que je ne suis ni tuberculeuse, ni terroriste, et que ce n’est pas un mariage blanc… paperasse, entretien et cling cling, passez à la caisse svp… 6 mois

Etape 2 : entrée sur le territoire

Le douanier a toute autorité pour accepter ou refuser mon entrée. On a eu de la chance, ça s’est hyper bien passé et très rapidement. A partir de là, nous avons 90 jours pour nous marier, sinon, le visa n’est plus valide.

Etape 3 : la licence de mariage

Le tribunal délivre une licence de mariage. Cling cling, passez à la caisse svp. Avec notre petit papier, on va voir une personne qui a autorité pour célébrer le mariage. Il y a 3 options :

-le tribunal, administratif, expéditif et impersonnel (suivant, s’youplait)… pas très glamour

-l’église, le temple, la mosquée… bref, un officiant religieux… ben, faut vouloir un mariage religieux

-un officiant lambda qui a une accréditation pour marier les gens… là, c’est un peu à la carte : la plage, le musée, le jardin botanique, … ou une chapelle de mariage (genre Las Végas, mais sans Elvis)

On a opté pour la troisième option. On s’est donc marié à la Saint Louis Wedding Chapel. C’était kitch et américain à souhait, mais tellement marrant ! Le gars était très rigolo. Le décor dégoulinant de fleurs, de colonnes, de couleur rose et de romantisme mielleux. Nous avons répété les vœux après le gars, tout comme dans les films. On a choisi la formule laïque, mais bien sûr, tout rappelle l’Eglise (décor, tenue de l’officiant…),on est aux USA…

Lynne s’est amusée avec son petit panier de pétales, prêté pour les photos… elle s’est même appliquée à remettre les pétales tombés dedans.

Bref, c’était très bon enfant, détendu et convivial. Nous avons voulu quelque chose de simple, c’était parfait.

Etape 4 : valider la cérémonie

Retour au tribunal où le certificat est validé. Nous sommes donc marié officiellement pour les autorités américaines, mais…

Etape 5 : La validation française

Avant le mariage, nous avons dû envoyer tout un tas de documents au Consulat de France à Chicago pour que la République française accepte l’union et publie les bans (comme en France). Après le mariage, nous avons encore moult et moult paperasses à faire traduire, renvoyer, des tampons improbables à obtenir… et cling cling, passez à la caisse svp…

Etape 6 : l’immigration

Enfin, gros dossier à fournir auprès de l’immigration américaine pour obtenir la carte verte,  un numéro de sécu et en attendant, une demande de permis de travailler et de sortie du territoire. Enfin, plutôt une autorisation d’y revenir, sortir, on peut toujours, c’est revenir qui est plus délicat sans carte verte.

Cling cling, repassez à la caisse svp…

Voilà, on avance, on avance…

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